Bonjour à tous
Voilà, l’aventure est terminée. J’ai été heureux, à travers mon sport, l’ultrafond (course à pied qui commence au-delà des 42,195 km du marathon) de pouvoir aider l’Association Erwan à divulguer son message, et à mieux faire connaître la neurofibromatose au près d’un large public. Ma motivation n’a eu d’égale que celle des bénévoles de l’association, que je salue pour leur détermination et leur disponibilité.
D’un point de vue sportif, j’ai eu de la chance de n’avoir eu aucun ennui physique. Les étapes se sont enchainées jour après jour. Après un temps d’adaptation de 3 étapes, le corps était apte et conditionné pour l’effort de longue durée. Il faut dire que des étapes journalières de plus 75 kilomètres étaient une nouveauté pour moi. Mais lorsqu’ on peut faire 70 km on peut aller à 90 km, tout est une question de gestion de l’effort, de motivation et bien sûr d’entrainement.
Du côté nutritionnel, je crois que je n’ai jamais autant bu de Coca cola, mangé de pâté, de saucisson et autres Haribo. Dans ce genre d’effort, il faut savoir privilégier le plaisir de manger.
Trop souvent, l’alimentation et l’hydratation suivent des principes théoriques qui sont adaptés à la demande de l’organisme mais pas spécialement à l’envie du coureur d’ultrafond. Il faut dire que l’estomac est très remué pendant 8 à 10 heures par jour, et de nombreux aliments et boissons ne passent pas ou plus.
A force d’expérience, on trouve son alimentation, peut-être pas idéale d’un point de vue diététique, mais qui est acceptée par l’organisme, et comme disait Obélix « quand l’appétit va, tout va ». Je tiens à rassurer les diététiciens, le petit déjeuner et le repas du soir étaient élaborés selon les règles de l’art nutritionnel sportif (enfin de mon niveau de connaissance).
J’essaie de m’alimenter avec des choses naturelles, aucun produit sportif, comme des boissons de l’effort, et autres produits multivitaminés pour aller plus loin et plus vite. Produits marketing, avec un fort effet placébo, très chers et bien souvent refusés par l’organisme.
A la place, je préfère : miel dans l’eau, gelée royale, riz au lait, purée, pâtes, riz, etc…et une petite bière de temps en temps. Pour la pharmacie : arnica (homéopathie), gel de massage, vitamine C. j’avais apporté des anti-inflammatoires par précaution, mais je n’en ai, heureusement, pas eu besoin.
Pour la préparation à un tel effort, j’ai couru en entrainement 2500 kilomètres depuis le mois de novembre 2010, avec un passif de 5200 kilomètres pour la saison 2009/2010, on n’a rien sans rien. J’ai la chance de travailler en horaire 2 X 8, ce qui me laisse une demi-journée pour m’entrainer soit avant d’aller au travail ou soit après. Parfois, il est assez dur de courir 30 km après s’être levé à 3 heure du matin, et 8 heures de travail à l’usine, mais quand la motivation et le plaisir sont là…
Et chose très important à mes yeux, mon sport n’empiète pas sur la vie familiale, car pendant que je cours, Simone est au travail.
Inclure un entrainement de vélo a été assez difficile, surtout pendant la période hivernale. Pour les sorties longues, il faut prévoir une journée de congé, ce qui n’est pas toujours facile à poser (travail et météo). Résultat, pas plus de 250 kms par mois.
Pour la partie logistique, je ne remercierai jamais assez Simone, mon épouse et complice de chaque instant. Comme les scouts, toujours prête, avec toute la réactivité nécessaire à sa mission.
Installation sur l’emplacement au camping, montage et démontage de la tente, élaboration des repas, courses pour le lendemain, détermination des points de ravitaillement en fonction des difficultés et de la distance. Bref, aux petits soins pour son coureur de mari, qui n’avait plus qu’à se concentrer sur sa course. Encore merci, sans elle, rien n’aurait été possible (comme toujours d’ailleurs).
Bravo à Vincent, le président dévoué de l’Association Erwan pour son savoir-faire, son sens de la communication, son organisation, cette manifestation a pris une ampleur que je n’aurai jamais imaginée. Il a su mobiliser toutes les énergies pour la réussite totale de ce défi.
Que ce soit :
Le départ au quai des arts, avec la présence du maire et d’élus de Rumilly (un jour férié et à 8 heure du matin), un public déjà nombreux, et quelques courageux coureurs pour m’accompagner les premiers kilomètres.
L’arrivée à Michelstadt a été grandiose, les deux municipalités réunies, les majorettes, la musique, les rumilliens en déplacement pour la fête des abeilles et le public, cela commence à faire beaucoup de monde pour nous accueillir, Erwan et moi.
Le discours du maire de Michelstadt a été entièrement consacré à notre évènement. Un grand moment d’émotion partagé avec Erwan et les membres de l’association présents. C’était déjà une grosse partie de gagnée.
Au centre Do’minos, accompagné depuis une trentaine de kilomètres par le cyclo-club rumillien, le défi s’est achevé avec une nouvelle arrivée en duo avec Erwan qui avait enfourché son vélo, et je crois, était assez fier de ce final, sous les applaudissements, les flashes des photographes et au rythmes des tambours.
C’est fini pour cette grande aventure sportive, humaine. Elle m’a permis de connaitre beaucoup de gens formidables, dévoués, toujours prêt à aider les autres.
L’énergie des parents d’Erwan, qui malgré les difficultés de la vie sont toujours combatifs et toujours prêt à aller de l’avant, énergie qu’ils m’ont donné par leur présence sur certaines étapes du parcours.
Merci à tous ceux qui m’ont soutenu !
Pour conclure, je dirais à Erwan :
« Erwan, j’ai réussi mon défi, maintenant à toi de gagner ton combat »
Et je saurai être là, si tu as besoin de moi.
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